Je suis

J’ai choisi de suivre « JE SUIS », alors je suis.

Mon premier souvenir de la présence du Divin remonte à l’âge de six ans. J’étais à genoux
dans une église catholique. Élève dans une école privée catholique en France, la messe faisait
partie de notre quotidien. Très tôt, quelque chose en moi pressentait une Présence.
À l’adolescence, je continuais à me rendre seule à l’église, par élan intérieur. Ce n’était pas
une obligation, mais un appel silencieux.
En 2011, j’ai vécu un éveil spirituel marquant : j’ai rencontré le Christ au sein d’une Église
chrétienne évangélique en France. Cette saison fut intense et structurante. J’y ai reçu une
formation solide, appris les fondements de la foi, été encadrée, enseignée, façonnée. J’ai
intégré une école biblique et approfondi les Écritures avec zèle.
Cette période fut un socle. Elle m’a donné des racines.
Puis j’ai rencontré celui qui est devenu mon mari, alors musulman. Cette relation a suscité des
questionnements et des incompréhensions dans l’environnement ecclésial dans lequel j’étais
engagée. Pour moi, ce fut surtout un temps de discernement profond.
Ce moment n’a pas été un simple désaccord, mais une étape de maturation intérieure. Il m’a
conduite à m’interroger : ma relation avec Dieu dépend-elle d’un cadre précis, ou précède-telle toute appartenance ?
Peu à peu, une conviction s’est imposée : Dieu et le Christ ne sont pas limités par les
structures humaines, même lorsqu’elles cherchent sincèrement à les servir. Je découvrais que
la présence du Christ pouvait se manifester au-delà de mes attentes, et que l’amour véritable
dépasse parfois nos catégories.
Les prédications de cette période évoquaient souvent un Dieu « plus grand que nos limites ».
Avec le recul, j’y vois une préparation discrète à la saison suivante de ma vie.
Je garde une profonde reconnaissance pour cette communauté, pour tout ce que j’y ai reçu.
Mais j’ai compris qu’un déplacement intérieur s’opérait : Dieu m’appelait à une relation plus
personnelle, plus intime, moins définie par un cadre extérieur.
Et j’ai découvert que Dieu était toujours là.
Lorsque les structures évoluent, lorsque les saisons changent, Lui demeure. Il accompagne, Il
soutient, Il travaille dans le secret. Là où l’homme peut parfois ne pas comprendre, Dieu
continue d’agir avec patience.
J’ai continué à fréquenter différentes communautés, mais je n’ai plus jamais laissé une
structure définir entièrement ma relation avec Dieu. J’ai commencé à comprendre ce que
signifie la connaissance intime.
Puis la vie a suivi son cours : mariage, enfants, responsabilités. Je continuais à aller à l’église,
mais intérieurement quelque chose cherchait à naître plus profondément. Non pas un manque
de salut, mais une faim nouvelle. Une soif plus vaste.
En 2023, j’ai entendu pour la première fois dans mon cœur, sans en saisir le sens :
« Tu es Marie-Madeleine. »
Je n’ai pas compris immédiatement. La vie continuait.
Puis nous avons déménagé au Sénégal. L’atmosphère y était différente, plus dégagée, plus
propice au repos intérieur. Lors d’une retraite de trois jours, cette parole est revenue avec
clarté :

« Tu es Marie-Madeleine. C’est pour cela que tu te sens différente. »

Ce fut un moment de révélation, non d’orgueil, mais de compréhension. Une clé. Une mémoire retrouvée. J’ai compris que mon parcours avait été initiatique. Un chemin semblable à celui de MarieMadeleine : se tenir au seuil, oindre, veiller, puis témoigner. En poursuivant mes recherches, je suis tombée sur le terme « myrrophore » — porteuse de myrrhe. Et tout a pris sens. Depuis, j’accompagne les passages de vie — naissances, mariages, jubilés, deuils — par l’onction d’huile et la prière. J’accompagne les croyants vers une connaissance plus profonde du Dieu que je sers : le Créateur du ciel et de la terre, dont le Christ est l’image visible. J’accompagne également les hommes et les femmes de Dieu dans leur appel, leurs saisons de discernement, leurs responsabilités et parfois leurs tempêtes, par la prière, l’écoute et le conseil, dans l’esprit de l’« Apôtre des Apôtres » : fortifier ceux qui fortifient. Mon désir est de grandir en intimité avec le Christ et d’oindre son Épouse — cette communauté de personnes, au-delà des appartenances religieuses, qu’Il appelle par leur nom et qu’Il connaît intimement. Oindre, c’est accompagner les passages personnels. C’est aussi soutenir l’Église et ceux qui la servent, par la prière, l’enseignement et l’onction. J’ai choisi de suivre « JE SUIS ». Alors, je suis.
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